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Cahiers de la Documentation 2006/4 (décembre 2006)

cover2006-4_smallÉditorial

C’est la fin de l’année. Déjà ! Une année étrange où les saisons paraissent s’affoler, canicule en juillet, averses en continu au mois d’août, et, alors que les températures sont anormalement hautes pour la saison mais faut-il s’en réjouir, voilà que ce sont les mauvaises nouvelles qui se mettent à pleuvoir. On ne parle plus guère en cette fin novembre que fermetures d’usine et pertes d’emploi.

Cela nous amène à réfléchir sur l’emploi dans les métiers de la documentation, sa stabilité, son évolution. Bien sûr, le secteur ne fait guère de bruit mais cela ne signifie pas que des drames n’y sont pas vécus. Un service de documentation qu’on ferme, cela ne fait que quelques person­nes qui perdent leur emploi, pas de quoi faire la une des journaux et pourtant pour celui qui le vit, il n’y a aucune différence. Dans ma longue car­rière, j’en ai observé beaucoup des fermetures de ce genre ; des collègues très qualifiés se sont parfois retrouvés sans emploi. Il est vrai toutefois que la rapide mutation du secteur a aussi créé de nouveaux postes et que, parmi les personnes touchées, la plupart, en particulier les plus quali­fiées, ont retrouvé du travail.

Cela nous suggère deux réflexions. La première, c’est que le secteur de l’information qui ‘bouge’ énormément, qui se modifie au gré des avan­cées technologiques, requiert toute notre atten­tion. Nous ne devons pas nous contenter d’assi­miler les nouvelles techniques et de les appli­quer sans exercer notre esprit critique. Nous de­vons étudier leur mise en œuvre, leurs consé­quences sur l’organisation du travail et sur le marché de l’emploi. Nous devons nous intéres­ser de près aux évolutions politiques, économi­ques et sociales et à leurs conséquences sur nos professions. Nous devons être les secteurs de notre avenir.

La deuxième réflexion concerne la compétence. Dans un monde devenu compétitif jusqu’à ou­trance, c’est presque devenu une question de survie. Il nous faut acquérir de nouveaux savoirs, créer de nouveaux services pour que la respon­sabilité de notre avenir ne nous échappe pas

Bonnes fêtes à tous.

Simone JÉRÔME

Open Access : Why should we have it?

Alma SWAN, Director, Key Perspectives

L’Open Access consacre la disponibilité libre, immédiate, permanente et sans restriction d’une recherche via Internet. Il s’applique généralement à des articles que leurs auteurs offrent en temps normal à des périodiques scientifiques sans aucune contrepartie financière à seule fin de réclamer l’antériorité de leurs découvertes, d’en obtenir le crédit et d’assurer leur visibilité dans leur communauté de pairs. Les auteurs tirent de tout évidence profit de cette démarche mais il en va de même pour les institutions de recherche, pour les nations et pour la société toute entière en raison de la vitrine, de la valorisation et de la plus grande efficacité qu’elle offre à la recherche. La raison pour laquelle la littérature scientifique mondiale devrait être en ‘Open Access’ repose sur quatre arguments. À cause d’une visibilité accrue, ces articles ont un meilleur impact de citation. Leur délai de parution raccourcit le cycle d’une recherche et augmente son efficacité. De nouveaux outils logiciels peuvent suivre à la trace les citations dans la littérature et découvrir des relations nouvelles entre articles et sujets de recherche ; le suivi, l’évaluation et la gestion de la recherche en est amélioré. Enfin, de manière assez prometteuse, une nouvelle génération de technologies informatiques basées sur la sémantique peuvent travailler sur de vastes ensembles de documents scientifiques pour en extraire des idées nouvelles et créer une nouvelle information à partir d’informations existantes sans liens entre elles, du moins en apparence.

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In oorlogsnood : Over het dagboek van Virginie Loveling

Bert VAN RAEMDONCK, Waarnemend Coördinator, Centrum voor Teksteditie en Bronnenstudie (CTB) en Koninklijke Academie voor Nederlandse Taal- en Letterkunde (KANTL)
Ron VAN DEN BRANDEN, Wetenschappelijk Medewerker, Centrum voor Teksteditie en Bronnenstudie (CTB) en Koninklijke Academie voor Nederlandse Taal- en Letterkunde (KANTL)

Le 29 juillet 1914, alors qu’elle était déjà bien âgée, l’écrivaine flamande Virginie Loveling coucha sur le papier deux très courtes phrases. Elles allaient constituer le début d’un journal des années de guerre, aussi phénoménal que colossal, qui ne s’achèvera qu’au lendemain de l’Armistice, le 11 novembre 1918. Loveling espérait ardemment que son journal clandestin soit un jour publié dans son intégralité. Ceci n’eut cependant lieu pour la première fois qu’en 1999, dans une édition de Ludo Stynen et Sylvia Van Peteghem. Six ans plus tard, une version révisée du journal est publiée en ligne sur le site Web du « Centrum voor Teksteditie en Bronnenstudie » (CTB). Le journal constitue un document intéressant au plus haut point, du fait d’une combinaison variée de descriptions journalistiques factuelles, d’une part, et d’une foule de « petites histoires », d’autre part. Afin de lui restituer une forme la plus vivante et la plus pratique possible, le CTB a fait le choix d’un média qui s’est aujourd’hui substitué au journal classique : le weblog.

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À l’abordage ! La classification de la Bibliothèque du Congrès, Terra Incognita

Virginie TACQ, Gestionnaire de l’information, Université Catholique de Louvain (UCL) – Bibliothèque de psychologie et des sciences de l’éducation

Chaque bibliothèque a impérativement besoin d’un langage de classification qui se rapproche le plus des exigences documentaires de son public et de son fonds. La Classification de la Bibliothèque du Congrès, ou Library of Congress Classification (LCC), peut être une de ces alternatives mais encore faut-il en connaître la philosophie et le fonctionnement précis pour en apprécier la pertinence. L’histoire de cette classification unique, intimement liée à celle de la Library of Congress, fondée en 1800, démontre le cheminement intellectuel qui guida sa création. C’est seulement au terme d’une aventure longue d’un siècle que James Hanson et Charles Martel élaborèrent la LCC. Aujourd’hui près de vingt millions de livres sont soumis à cette classification et un nombre croissant de bibliothèques l’adopte.

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La gestion de l’information des organisations : Analyse de définitions et conceptualisation

Jeremy DEPAUW, Doctorant boursier, Université Libre de Bruxelles (ULB) – Dpt des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC)

« Donner la bonne information à la bonne personne, au bon moment, pour prendre la bonne décision… » Inspirée de Michael Porter, cette citation décrit les enjeux de la Gestion de l’Information (GI), le concept central de cet article. Ce dernier a pour objectif d’identifier les dimensions du concept et leurs composantes majeures afin d’en proposer une définition, construite à partir d’une revue de la littérature. Plutôt que d’envisager la Veille ou l’Intelligence comme des activités distinctes, cet article propose la GI comme un concept composé de trois dimensions majeures : la Surveillance, la Veille et l’Intelligence. Chacune de ces dimensions fait l’objet de nombreuses définitions dans la littérature. L’analyse des mots-clés montre la prédominance de certaines catégories sémantiques, mettant ainsi en évidence la cohérence et les points communs entre les nombreuses formulations. Cet article soutient l’idée que la GI pourrait être considérée comme un concept générique, utile à la description et la compréhension de l’ensemble des démarches visant à appréhender l’information, indépendamment des moyens ou des objectifs mobilisés par chacune d’entre elles.

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Compte rendu
La formation des archivistes : Relever les défis de la société de l’information

Véronique FILLIEUX et Evelyne VANDEVOORDE, Université catholique de Louvain (UCL) – Service des Archives

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