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Cahiers de la Documentation 2005/3 (septembre 2005)

NUMÉRO SPÉCIAL

Stratégie de préservation et de conservation pour les archives et les collections pour les bibliothèques, analogiques et numériques

cover2005-3_smallÉditorial

Le 2 décembre 2004, l’Association Belge de Documentation organisait à Anvers une journée d’étude ayant pour thème la conservation des collections de bibliothèques et d’archives, tant analogiques que numériques. Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre de « Anvers, capitale mondiale du livre 2004 ».

Le concept de capitale mondiale du livre est une initiative de l’UNESCO à laquelle collaborent l’International Publishers Association (IPA), l’International Booksellers’ Federation (IBF) et l’International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA). Chaque année, un jury composé de représentants de ces organisations désigne une ville comme capitale mondiale du livre pour un an – de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril jusqu’au même jour de l’année suivante[i]. La ville désignée est tenue d’organiser des actions de promotion du livre et de la lecture, en collaboration avec diverses organisations professionnelles d’auteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires.

En 2001, Madrid (Espagne) fut la première Ville mondiale du livre, en 2002 ce fut le tour d’Alexandrie (Egypte), suivie en 2003 par New Delhi (Inde). Le 17 janvier 2003, le jury se réunit au siège de l’UNESCO à Paris pour étudier les candidatures à la nomination comme Ville mondiale du livre 2004. Les villes suivantes se portaient candidates : Barcelone (Espagne), Saint Domingue (République dominicaine), Séoul (Corée du Sud), et Anvers. Séoul ne fut pas retenue pour la sélection finale. Le jury décida à l’unanimité d’élire Anvers « Capitale mondiale du livre 2004 », en raison des nombreuses initiatives qui y sont régulièrement menées en matière de promotion de la littérature, du livre et de la lecture : bourses du livre, expositions de livres pour enfants et pour la jeunesse, de livres spécialisés et d’ouvrages illustrant la diversité culturelle, particulièrement celle des minorités..

Anvers fut ainsi Capitale mondiale du livre du 23 avril 2004 au 24 avril 2005. La reconnaissance par l’UNESCO permit, pendant un an, d’attirer l’attention, aux niveaux national et international, sur le livre et la lecture à Anvers, en Flandre et en Belgique. La ville d’Anvers mit en place un programme littéraire intitulé ABC2004, en collaboration et avec l’appui des Communautés Européennes, de la Communauté Flamande, de la province d’Anvers et des acteurs littéraires locaux. Ce programme a été clôturé fin avril, avec l’ouverture de la nouvelle bibliothèque publique Permeke. Dans la foulée, l’année 2006 verra s’ouvrir un nouveau centre d’archives ainsi qu’une « rue des livres » dans l’ancien entrepôt Sint-Felix. Des visites de ces deux projets devraient être organisées dans le cadre des réunions mensuelles de l’ABD. Le jour de l’inauguration de la bibliothèque Permeke, Anvers a remis son titre de capitale mondiale du livre à la ville de Montréal (Canada).

En tant que principale association nationale de documentation, nous avons estimé de notre devoir d’organiser une activité qui fasse honneur à cette distinction unique pour la Belgique. Encore fallait-il en concrétiser l’idée. Le fil conducteur qui s’imposait dans le cas d’Anvers, et qui a sans doute été un élément déterminant dans le choix de l’UNESCO, est le lien entre passé et futur. La ville peut en effet se prévaloir d’un riche passé, et a devant elle de belles perspectives d’avenir grâce à la présence d’importantes entreprises.

Évoquer le patrimoine historique de la ville nous amène évidemment au Musée Plantin-Moretus, berceau de l’imprimerie au 16ème siècle[ii]. Le musée possède une collection de matériel typographique avec entre autres les deux presses d’imprimerie les plus vieilles au monde, des jeux complets de caractères et de matrices, une superbe bibliothèque, un intérieur richement garni et les archives complètes de l’entreprise Plantin. Hasard ou pas, le 4 septembre 2001 déjà ces archives ont été reconnues par l’UNESCO comme patrimoine matériel universel et placées en juin 2002 sur sa liste indicative du patrimoine immatériel universel. La reconnaissance officielle est arrivée le 15 juillet 2005 lorsque le World Heritage Committee de l’Unesco a décidé, à l’occasion de sa réunion à Durban (Afrique du Sud), de reconnaître le Musée Plantin-Moretus dans son ensemble comme patrimoine mondial (par principe les musées sont exclus, c’est une globalité qui est prise en compte), au même titre que par exemple la grande muraille de Chine, les pyramides d’Egypte ou le palais de Versailles. La visite du musée, l’après-midi, couronnait notre journée d’étude.

Qui dit Plantin-Moretus pense directement au support papier. Je suis toujours pour ma part sous le choc d’une visite, il y a quelques années, à l’Istituto Centrale per la Patologia del Libro à Rome. Je fus alors frappé de découvrir tous les facteurs de destruction qui peuvent affecter le papier, et par les actions à mener en termes de conservation. Les bases de la journée d’étude « Une stratégie de préservation et de conservation pour les collections de bibliothèques et les archives, analogiques et numériques » étaient posées.

Guy De Witte proposa, en tant que premier intervenant, quelques considérations d’ordre théorique sur la politique de conservation (pour les collections papier) et sur la nécessité d’investir dans ce domaine en personnel et en formation. L’article proposé dans ce numéro aborde la question du déclin des collections papier et explore les différents facteurs de destruction dès le moment de la fabrication du papier. Cet article vient compléter l’exposé correspondant et apporte une conclusion à un article paru cette année dans notre revue sous le titre De bedreiging van ons papieren erfgoed: massaontzuring als remedie? (La menace sur notre patrimoine papier : une désadification de masse comme remède ?)[iii].

L’information numérique a pris énormément d’importance ces dernières années. Mais Internet n’est pas la seule source de documents électroniques. Notre association a depuis longtemps donné à ce support électronique l’attention qui lui revient.

Filip Boudrez a examiné la nécessité de garantir dans l’avenir l’accès à certains sites Internet et a exposé comment le monde des archives aborde la problématique de l’archivage de tels sites. Il a parlé du fil conducteur qui a sous-tendu le développement d’une procédure d’archivage de sites Web basée sur un modèle de décision mis au point dans le cadre du projet DAVID[iv]. Il en a expliqué l’application concrète au sein des archives de la ville d’Anvers.

Neil Beagrie a, lui aussi, mis l’accent sur l’importance croissante de l’information numérique et sur la nécessité de prévoir la préservation numérique. Il a participé à la British Library à la rédaction d’un guide international pour la préservation numérique : Preservation management of digital materials : a handbook[v].

Notre ambition pendant cette journée d’étude était d’accorder une place équilibrée aux supports analogiques et numériques. Un support analogique rarement évoqué au sein de notre association est le support sonore.

Liesbeth Baaten, lauréate du prix ABD en 2003, pour sa contribution au développement d’une politique de conservation pour les archives sonores, a insisté sur l’importance de la collecte de tels supports que l’on peut trouver dans les archives et les centres de documentation. Pour sauver ce type d’archives en vue d’une consultation future, une politique de conservation est nécessaire. Comme prévu dans le règlement du prix ABD[vi], ce travail fera l’objet d’une publication. Seules des raisons techniques indépendantes de notre volonté l’ont retardée. Elle interviendra bientôt.

Nous remercions encore une fois les orateurs qui ont permis de faire de cette journée d’étude un beau succès et ceux qui, à l’ABD, se sont dépensés pour une organisation sans faille. Nous espérons vous en offrir ici une bonne vue d’ensemble de cette manifestation. Bonne lecture.

Marc VAN DEN BERGH

[i] Résolution 3.18 de la 28è conférence générale de l’UNESCO tenue à Paris du 25 octobre au 16 novembre 1995 (<http://www.unesco.org> – consulté en juillet 2005)

[ii] voir <http://museum.antwerpen.be/plantin_moretus> (consulté en juillet 2005)

[iii] MEESE, L. De bedreiging van ons papieren erfgoed: massaontzuring als remedie? Cahiers de la documentation = Bladen voor documentatie, Brussel: ABD-BVD, 2005, n°1, pp. 6-18.

[iv] voir <http://www.antwerpen.be/david> (login juillet 2005)

[v]BEAGRIE, Neil ; JONES, Maggie. Preservation management of digital materials: a handbook. London: British Library, 2001, 139 p. ou <http://www.dpconline.org/graphics/handbook> (consulté en juillet 2005)

[vi]Prix ABD : Règlement (version septembre 2003). Article 10 (publication des travaux). <https://www.abd-bvd.be> (consulté en juillet 2005)

Het verval van papieren collecties

Guy DE WITTE, Afgevaardigd beheerder, De Zilveren Passer; Docent VUB en Bibliotheekschool Gent

Les collections sur papier sont menacées de déclin. L’article aborde les différentes causes de cette dégradation, attribuables d’une part aux propriétés spécifiques de leur support, et d’autre part aux facteurs d’ambiance. C’est le cas de la lignine présente dans le bois, un élément constituant du papier qui le détruit de l’intérieur. L’eau, la lumière ou les insectes sont d’autres facteurs propres à ce milieu. Les causes de dégradation peuvent être réparties en facteurs physico-chimiques, facteurs biologiques et facteurs humains. Parmi les facteurs physico-chimiques figurent la température, l’humidité relative, la lumière, le rayonnement UV et la pollution. Les facteurs biologiques sont entre autres constitués par les microorganismes et les insectes. L’homme, facteur de dégradation, est à la base des facteurs humains, volontairement ou involontairement. Dans de nombreux cas, la destruction de collections sur papier est attribuable à une interférence complexe entre les différents facteurs mentionnés. Les processus chimiques qui jouent un rôle important à ce propos sont l’oxydation et l’hydrolyse.

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Archiveren van websites: Een kwestie van waardering en « capture »

Filip BOUDREZ, Medewerker, Stadsarchief Antwerpen

L’auteur aborde les besoins croissants nécessaires à l’archivage des sites Web. L’article traite d’abord de l’importance de l’archivage des sites Web, notamment du fait de la valeur informative qu’ils comportent ou de la diffusion d’information officielle par les autorités publiques. L’impact du droit d’auteur sur l’archivage numérique ne doit pas être oublié. La plus grande attention va à l’importance de l’élaboration d’une procédure d’archivage pour les sites Web, par laquelle, logiquement, on décrit en premier lieu l’objectif de l’archivage, pour ensuite élaborer la procédure d’archivage proprement dite. Comme fil conducteur, on peut utiliser le modèle décisionnel développé par le projet DAVID (Digitaal Archiveren in Vlaamse Instellingen en Diensten – Archivage numérique dans les institutions et services flamands) : quoi et comment archiver, qui archive et quand ? Enfin, préalablement à l’ajout d’un site Web à une archive numérique, les tests de qualité requis doivent être effectués.

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A digital preservation handbook: Best practice and its dissemination

Neil BEAGRIE, BL/JISC Partnership manager, Joint Information Committee (BL/JISC)

L’information numérique est de plus en plus importante pour notre culture, notre savoir et notre économie. Cet article explique le développement d’un guide international de la conservation des documents numériques Preservation Management of Digital Materials: A Handbook (Beagrie et Jones 2001) et l’utilisation qu’on peut en faire dans le cadre de la formation et de la pratique professionnelle. Le manuel a été publié en 2001 par la British Library en version reliée et est aussi distribué en ligne via la Digital Preservation Coalition <http://www.dpconline.org>. Il a été utilisé comme document de base lors d’une série de séminaires de formation d’un jour organisés par celle-ci au Royaume-Uni. Il sera prochainement intégré dans les modules d’un cours pratique sur la conservation numérique développé en collaboration par le centre d’informatique de l’Université de Londres, par l’Université Cornell, par la British Library et par la Digital Preservation Coalition. De plus, le manuel a été largement utilisé au niveau international à la fois sous ses formes imprimée et électronique par des institutions ou des personnes individuelles aussi bien pour la formation continue que dans des enseignements organisés.

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Een conserveringsbeleid voor geluidsarchief met toepassingen voor het stadsarchief Antwerpen

Liesbeth BAATEN, Medisch informatiekundige, Sint-Elisabethziekenhuis Tilburg ; Laureate BVD-Prijs 2003

Na een beknopt inzicht in de evolutie van geluidsdragers (van cilinder, grammofoonplaat, draadspoel, geluidsbanden, CD over enkele minder succesvolle systemen tot DVD) haalt het artikel de materiële noden van de geluidsmodus aan. De kernvraag rond het conserveringsbeleid is wat instellingen die niet beschikken over een depot met klimaatregeling kunnen doen voor de materiële noden van analoge dragers. Als mogelijke conserveringsmaatregel kan aan digitalisering van het materieel gedacht worden. In de laatste paragrafen gaat Liesbeth Baaten concreet in op het geluidsarchief van het Stadsarchief Antwerpen en schetst de bestaande situatie.

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