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Cahiers de la Documentation 2016/2 (juin 2016)

NUMÉRO SPÉCIAL
Année européenne du patrimoine industriel et technique

abd_cahier_201602_WebÉditorial

Il me montre tour à tour toutes les cheminées, les tuyaux et les halls d’usine. Il en parle souvent à l’imparfait. Dans l’eau de la Sambre ne coule plus aucun avenir pour le travailleur. « C’est fini. C’est foutu. « 
« Bof ! De vieilles machines et des usines abandonnées…  »
Telle est sans doute une des réactions couramment observées lorsqu’on évoque le concept d’archéologie industrielle.

La période industrielle qui, à partir de la fin du XVIIIe siècle, a caractérisé une grande partie de l’Europe occidentale, et la Belgique tout particulièrement, a entraîné de profonds changements et a fortement marqué nos organisations, qu’elles soient sociale, économique, géographique, historique ; certaines traces sont même inscrites durablement dans notre paysage !

Pourtant, avec la désindustrialisation de nos régions, la tendance est de faire le nettoyage, d’éliminer le disgracieux et de ‘gommer’ les marques d’une période parfois peu glorieuse et à laquelle sont souvent associés misère, souffrance humaine et drames sociaux. Bien que certaines de ces traces aient déjà pu être sauvegardées, la majeure partie des témoins du passé reste en voie de disparition. Heureusement, de nombreuses initiatives voient le jour en vue de préserver ces traces trop facilement effacées.

À l’occasion de l’Année européenne du patrimoine industriel et technique, qui vient de se clôturer, il nous a paru à la fois intéressant et important de marquer cet événement en lui consacrant un numéro spécial de nos Cahiers de la Documentation. Non pas dans le but de vous montrer « de vieilles machines et des usines abandonnées », mais bien de dévoiler la richesse du patrimoine documentaire qui nous a été légué.

En effet, à tous les stades de sa dynamique, l’industrialisation a généré quantités de documents, d’informations et d’archives… Ces « traces » sont multiples, revêtent de très nombreuses formes et requièrent d’être elles aussi préservées. En d’autres termes, toutes les étapes de la chaîne documentaire (sélection/collecte, traitement, diffusion) sont concernées !

L’archéologie industrielle se proclamant « méthode interdisciplinaire », nous nous devions de saisir l’occasion de mettre en avant le rôle que nous, spécialistes de la gestion de l’information, pouvons jouer pour collecter, préserver, dynamiser et rendre accessibles toutes ces traces de notre passé.

Au travers de l’éventail d’articles que nous vous proposons dans ce numéro, nous avons voulu initier un tour d’horizon, loin d’être exhaustif, d’initiatives anciennes et récentes, d’ici et d’ailleurs, qui illustrent l’omniprésence du patrimoine industriel « documentaire ». Nous espérons que vous aurez autant de plaisir à découvrir ces différentes facettes de notre patrimoine industriel que nous en avons eu à les rassembler ici pour vous.

« C’est peut-être que l’homme est plus que jamais anxieux de savoir où il va, qu’il ne pourra le deviner qu’en établissant où il est aujourd’hui et en cherchant à comprendre d’où il vient. »
Le thème de ces Cahiers de la Documentation ne pouvait être traité sans une abondante et significative iconographie. Pour accorder un maximum d’espace aux nombreux articles qui composent ce numéro, nous avons cependant été obligés de réduire la taille des illustrations qui les accompagnent. Afin de compenser cet inconvénient et avec l’accord des auteurs et des ayants-droit, nous avons prévu d’héberger ces images dans une galerie photo disponible à l’adresse ci-dessous.
Nous espérons que cette solution vous permettra de visionner ces images de manière confortable, dans un format et des couleurs que l’édition papier ne nous permet pas.

En deux siècles, nos sociétés ont subi des modifications fondamentales. […] L’évolution industrielle a été l’origine d’un  » autre  » visage pour nos villes et nos campagnes. Visage qui témoigne de la croissance récente de notre société, qui symbolise deux siècles de développement industriel, de travail et de créativité.

Christopher BOON, Dominique J.B. VANPÉE

Archives industrielles. Où se nichent-elles ? 

Guido VANDERHULST, Expert en patrimoine social, portuaire et industriel

Préserver un élément du patrimoine industriel requiert d’abord de recueillir un maximum d’informations à son sujet afin d’en retracer l’histoire. L’auteur propose de faire un bref tour d’horizon de la multiplicité des sources d’information : consultation des institutions officielles et des administrations avec lesquelles l’entreprise était en contact, localisation de plans cadastraux, identification de l’existence d’archives d’entreprise ou de correspondance, visite sur le terrain, recueil de témoignages, enquête de voisinage et prises de vues constituent quelques-unes des démarches à entreprendre pour une analyse préalable.

Les archives des houillères et le Centre Liégeois d’Archives et de Documentation de l’Industrie Charbonnière (CLADIC) de Blegny-Mine

Bruno GUIDOLIN, Bibliothécaire-documentaliste, Blegny-Mine asbl – Province de Liège – CLADIC

Après avoir dressé brièvement un panorama des institutions documentaires et archivistiques actives dans le domaine charbonnier en région liégeoise, cet article se penche sur le contexte de la création du CLADIC, centre de documentation et d’archives de Blegny-Mine, et présente les ressources que cet établissement met à disposition de ses usagers. Il envisage par la suite l’étude du cas des archives de la Société anonyme des charbonnages d’Argenteau en tâchant de démontrer, par des exemples concrets, l’intérêt, l’interdépendance et la continuité qu’elles incarnent pour un site tel que celui de Blegny-Mine, inscrit depuis 2012, avec trois autres sites miniers, sur la Liste du patrimoine mondial de l’humanité.

Sur les traces des ouvriers mineurs : carnets, livrets et cartons-comptes

Camille VANBERSY, Responsable scientifique, SAICOM (Sauvegarde des Archives industrielles du Couchant de Mons)

Le SAICOM (Sauvegarde des Archives industrielles du Couchant de Mons), centre d’archives privées actif dans la sauvegarde des archives industrielles et minières du bassin du Couchant de Mons (région de Mons-Borinage), mais également du Centre et de Charleroi, possède une vaste collection d’archives utiles à la compréhension de l’histoire de ces « terres de charbon ». Parmi ces archives, les livrets et carnets ouvriers ainsi que des cartons-comptes occupent une place importante en permettant de retracer les carrières des ouvriers qui ont façonné ce pays. Après avoir retracé la genèse et l’histoire des ces différents types de sources, l’auteur présente l’utilité et les applications de ceux-ci pour la recherche en histoire tant économique que sociale ou généalogique.

Een leven lang documenteren. Max Broes en de triage-lavoir van Péronnes-lez-Binche

Rob BELEMANS, Stafmedewerker immaterieel erfgoed, Faro – Vlaams steunpunt voor cultureel erfgoed

Plus de 60.000 pages de documentation sur un seul sujet, richement illustré, renvoyant à des milliers des sources imprimées dans six langues : c’est l’impressionnant résultat du travail bénévole accompli par une seule personne pendant des décennies. Max Broes a peaufiné pendant plus de 50 ans son « univers de moulins » : un ensemble de plus de 300 classeurs débordant d’informations sur des sujets en rapport avec les milliers de sortes de « moulins » pré-industriels, leur mode d’utilisation et les résultats de leur production. La notion de « moulin » doit être ici interprétée dans son sens le plus large : tout transformateur d’énergie qui, par le mouvement et propulsé par le vent, l’eau, la force humaine ou animale, accomplit un processus de transition, constitue pour Broes un moulin. Toute personne souhaitant consulter le résultat étonnant de son travail de titan peut dorénavant s’adresser au Museum voor de Oudere Technieken (MOT) à Grimbergen.

La carte postale, un support iconographique essentiel pour les historiens des techniques de la « belle époque ». À manipuler toutefois avec précaution

Pierre-Christian GUIOLLARD, Docteur en Histoire des Sciences et des Techniques – Chercheur associé au CRESAT, Université de Mulhouse Colmar

Aux mots carte postale sont généralement associés les mots vacances, voyages, loisirs ; peu nombreuses sont les personnes qui feraient une relation avec les mots mine, usine, travail. Et pourtant, au début du XXe siècle, les sites industriels, les ouvriers, les mineurs furent très souvent choisis pour illustrer les cartes postales. Un siècle plus tard, ces documents ont une valeur d’archive iconographique très prisée par les historiens de l’histoire industrielle du début du XXe siècle. Dans cet article, nous essaierons de comprendre l’engouement de nos aïeux pour la carte postale, son extraordinaire succès et sa popularité acquis entre 1900 et 1920, faisant de ce bristol illustré le premier « réseau social » des Temps modernes. Nous verrons comment ces messages familiaux ou amicaux, griffonnés à la hâte ou soigneusement rédigés, peuvent être interprétés selon différents niveaux de lecture. Nous découvrirons la richesse insoupçonnée que représentent l’interaction entre l’image d’un site industriel figurant sur la carte, le commentaire de son expéditeur et parfois, la mise en relation avec l’actualité de la Belle Époque.

Interviews with contemporary witnesses to document collections of historical objects. Guidelines for the staff of collection institutions and museums

Tanya KARRER, Head of constoria Karrer – communication agency for history and stories

Les collections et objets historiques appartenant au patrimoine technique et industriel, de par leur histoire relativement récente, sont particulièrement adaptés pour être documentés à l’aide d’interviews de témoins contemporains (Contemporary Witnesses’ Interviews). Le présent guide décrit, étape par étape, comment préparer, conduire et traiter une interview en vue de documenter des objets ou des collections complètes. En complément, l’auteur passe en revue la situation juridique et quelques exemples liés à sa pratique. Grâce aux interviews de témoins contemporains, les gestionnaires de musées et de collections peuvent constituer une documentation de grande valeur autour des objets et des collections, qui peut être caractérisée par les sept critères suivants : information accessible, certitude juridique, connaissance des fonctions et de la matérialité d’un objet, base pour la recherche primaire, justification du projet lié à la collection, détermination de critères de valeur et de sélection, création d’une identité et de nouvelles perspectives. En cela, l’attractivité et la valeur des objets et de la collection dans sa globalité se trouve augmentée.

Le don de mémoire, une collecte participative. L’exemple de la mémoire industrielle

Julie CROQUET, Responsable de la Maison de la Mémoire, Écomusée PAYSALP

L’écomusée PAYSALP, association située dans les Alpes françaises, a développé avec l’appui d’une vingtaine de communes une démarche de collecte de mémoire permettant à chacun de participer à la connaissance de son espace de vie. Ce « Don de mémoire » (oral et documentaire) permet la participation des habitants sous différentes formes : collecteurs, contributeurs, informateurs, associations, témoins, élus, enfants… Les documents collectés sont numérisés et restitués à tous sur la base en ligne « Mémoire Alpine » et viennent enrichir des projets culturels de l’écomusée et du territoire. Parmi les multiples thématiques abordées, la mémoire industrielle a fait l’objet d’une collecte particulière en 2015 ; patrimoine si proche mais déjà en danger, particulier dans son mode de collecte et de valorisation, sa connaissance participe avec toute sa légitimité à l’appropriation de leur territoire par les habitants.

Les sons du travail. Une mémoire oubliée à préserver Projet européen « Work with sounds »

Pascal MAJÉRUS, Conservateur du Musée de La Fonderie
Gaëlle COURTOIS, Responsable son du projet Work With Sounds à La Fonderie

Pendant deux ans, La Fonderie, musée bruxellois des industries et du travail, a collaboré à un vaste projet européen de collecte de sons du travail, « Work With Sounds ». Préserver des bruits souvent considérés comme des nuisances peut paraître paradoxal. Pourtant, à l’instar des équipements industriels qui disparaissent, ils font partie du patrimoine historique et social. La collecte du passé, une fonction muséale essentielle, trouve ici une actualisation particulière. Ces sons préservés, étudiés et documentés, sont disponibles dans une base de données accessible en ligne.

De virtuele collectie van MIWE/SIWE in Erfgoedplus

Jan DE COCK, Erfgoeddepotconsulent bij de Provincie Vlaams-Brabant
Dominique J.B. VANPÉE, Lid van het Publicatiecomité van de Bladen voor Documentatie

La collection MIWE (Museum Industrieel en Wetenschappelijk Erfgoed) de l’association SIWE (Steunpunt voor Industrieel en Wetenschappelijk Erfgoed), en liquidation, est à l’heure actuelle virtuelle, car elle possède de nouveaux propriétaires et, à d’autres endroits, est venue accroître les collections de patrimoine industriel, technique et scientifique. Mais elle peut être consultée dans son entièreté, de manière digitale, sous forme de photos et de descriptions des objets, sur le site web du SIWE, sur Erfgoedplus et sur Europeana.

Preserving a major oilfield on the Norwegian Continental Shelf – Statfjord

Finn H. SANDBERG, Manager of the Documentation and Research unit, Norwegian Petroleum Museum
Kristin Ø. GJERDE, 1st. Curator and senior researcher, Norwegian Petroleum Museum

Depuis 1971, des hydrocarbures ont été extraits de profondément sous le plateau continental norvégien. Afin de recueillir et de traiter cet « or noir », de gigantesques structures ont été construites, transportées et installées sur le fond marin dans des profondeurs variant entre 60 et 1.000 mètres. En mars 2000, quand des plans de démantèlement de ces plates-formes pétrolières ont été introduits, la Direction du patrimoine culturel norvégienne a adressé une lettre à différents musées invitant à manifester leur intérêt pour ces activités « offshore ». Elle lançait ainsi un défi : « Ce qui ne peut être préservé doit être documenté ». Cet article décrit comment le Musée norvégien du pétrole (NPM) a relevé le défi par différents projets documentaires relatifs à ce patrimoine industriel. « Industrial Heritage Statfjord » est le troisième en ordre de cinq grands projets documentaires actuels. Le champ pétrolifère de Statfjord est encore toujours un des plus grands champs en production du plateau continental, et est plus spécifiquement examiné dans cet article. L’article explique également l’importante collaboration entre le NPM, les Archives nationales et la Bibliothèque nationale de Norvège.

Les missions photographiques du Musée de la Photographie à Charleroi. Comment anticiper l’histoire

Julien LIBERT, Collaborateur Scientifique, Musée de la Photographie à Charleroi

Depuis sa création, le Musée de la Photographie collecte des photographies industrielles de la région et du monde. Celles-ci sont des sources multiples pour l’Histoire. En effet, entre l’aspect sériel et l’aspect social, les photographies d’industrie peuvent être formellement différentes et apporter un éclairage particulièrement intéressant, même si l’industrie n’est pas le sujet principal. Dans cette perspective, les cinq missions photographiques du Musée de la Photographie anticipent l’Histoire en fournissant des sources historiques importantes pour documenter la mutation d’une ville soumise à la déliquescence industrielle depuis des décennies.

De websites van VVIA & SIWE archiveren in het wettelijk depot? Omzien naar het heden… 

Dominique J.B. VANPÉE, Lid van het Publicatiecomité van de Bladen voor Documentatie

Prenant comme exemples les sites web de deux associations flamandes se consacrant au patrimoine industriel, l’auteur propose une réflexion sur l’importance, dans un monde fluide, virtuel et digital, du dépôt légal pour les sites web auprès de la Bibliothèque royale de Belgique.

Enjeux pratiques et éthiques de la conservation des œuvres à composantes technologiques

Emanuel LORRAIN, Chercheur/consultant en préservation du patrimoine audiovisuel et numérique, PACKED vzw – Expertisecentrum Digitaal Erfgoed

L’obsolescence programmée qui conduit à l’indisponibilité des pièces de rechange et des services de réparation pour des technologies dépréciées représente un défi de taille pour les collections d’art contemporain. La cadence à laquelle se succèdent les différents modèles, formats et standards met en danger la visibilité à long terme d’un certain nombre d’œuvres dont les équipements nécessaires vieillissent et deviennent défectueux. La grande fragilité de ces créations et les versions multiples qu’elles connaissent au cours de leur vie bousculent les pratiques traditionnelles du musée. Cela l’oblige à se transformer et à mettre en place des approches spécifiques pour répondre aux enjeux à la fois pratiques et éthiques qui lui sont posés.

Ephemera. A window on the quotidian

Diane DEBLOIS, Editor, publications of The Ephemera Society of America Inc.

Cet article décrit le concept d’éphémères1 en tant qu’objets de collection – leur variété de formats et d’interprétations. Quelques-uns de leurs défenseurs de la première heure sont présentés, ainsi que quelques collections institutionnelles et privées importantes. Les problèmes concernant le catalogage et la conservation de tels objets sur papier sont abordés. De manière générale, l’article vise à donner un sens à l’importance culturelle acquise par les collections et les expositions d’éphémères.

Sur les traces de l’éphémère Centre d’Archéologie Industrielle…

Christopher BOON, Bibliothécaire-documentaliste, « simple curieux » d’archéologie industrielle

À la lumière de l’examen des quelques « traces » laissées dans différents écrits, l’article tente de retracer les facteurs ayant conduit à la création du Centre d’Archéologie Industrielle, au sein de la Bibliothèque royale de Belgique (KBR), à la célérité de son développement et à sa disparition tout aussi rapide de la scène scientifique belge.

Het Centrum voor Bedrijfsgeschiedenis (CBG) aan de Universiteit Antwerpen (UA) en industrieel erfgoed

Dominique J.B. VANPÉE, Lid van het Publicatiecomité van de Bladen voor Documentatie

Le Centre d’histoire de l’entreprise (Centrum voor Bedrijfsgeschiedenis – CBG) lié à l’Université d’Anvers (UA) avait déterminé dans ses objectifs de conserver des pans du patrimoine industriel par ses activités autour des archives d’entreprises, un centre de documentation et l’étude de reliquats industriels. Ce fonctionnement depuis 1971 à nos jours est expliqué dans le présent article.

Le centre de documentation de La Fonderie. Sa naissance, son développement, sa situation aujourd’hui

Fabienne DE SADELEER, Bibliothécaire, La Fonderie

En 1986, l’asbl La Fonderie. Histoire Ouvrière et Populaire. Musée d’Histoire sociale et Industrielle de la Région bruxelloise a présenté, dans le bâtiment des douanes de Tour et Taxis, une exposition : Bruxelles, un canal, des usines et des hommes. Elle montrait les thèmes qu’elle allait développer par la suite : l’histoire du canal, colonne vertébrale de l’industrialisation de Bruxelles, les hommes et les femmes au travail et leurs organisations ouvrières, leurs lieux et modes de vie. Les documents utilisés pour la préparation, ainsi que des fonds reçus permettent de créer un centre de documentation. Celui-ci, modeste au départ, a grandi au fur et à mesure de l’expansion des recherches de la Fonderie. L’auteur vous en propose l’histoire de 1983 à aujourd’hui.

MIAT FACTory. De evolutie van bibliotheek naar kenniscentrum

Parsival DELRUE en Brigitte DE MEYER, Kenniscentrum MIAT FACTory en museumbibliotheek – MIAT

Le MIAT est le Musée de l’Industrie, du Travail et du Textile, situé à Gand. Cet article retrace l’histoire de la naissance et du développement de la bibliothèque muséale du MIAT. MIAT FACTory, le centre de connaissances du MIAT, est né en 2014. La bibliothèque constitue la base d’opérations du centre de connaissances. Elle reçoit ainsi à nouveau une place visible au sein du musée et dépasse le fonctionnement traditionnel d’une bibliothèque. MIAT FACTory est une projet en évolution. Cette contribution dresse un état de la question et met en avant les ambitions futures du projet.

La reconversion d’anciens bâtiments industriels et commerciaux aux fins d’hébergement de bibliothèques, de centres d’archives ou de documentation. Quelques réalisations en Wallonie et à Bruxelles

Christopher BOON, Bibliothécaire-documentaliste, Administrateur Association Belge de Documentation (ABD-BVD asbl)

D’anciens bâtiments à vocation industrielle peuvent être préservés dela destruction lorsqu’il est possible de pourvoir à leur réutilisation. L’article donne un aperçu de quelques réalisations de reconversion, en Wallonie et à Bruxelles, où des bibliothèques et des centres d’archives ou de documentation ont pu trouver un nouvel hébergement dans des locaux réaménagés.

De herbestemming van oude industriële gebouwen als nieuw onderkomen voor archieven, bibliotheken en documentatiecentra in Vlaanderen en de Brusselse regio

Patrick VIAENE, Docent Universiteit Antwerpen (Faculteit Ontwerpwetenschappen, Monumenten- en Landschapszorg) en Hogeschool Gent (School of Arts), Bestuurder van TICCIH (The International Committee for the Conservation of Industrial Heritage)

Les usines, les ateliers et les entrepôts constituent une partie du patrimoine industriel. Ce patrimoine n’est pas uniquement de grande importance du fait de ses valeurs historique, sociale, technologique ou architecturale. Ces bâtiments peuvent dans la plupart des cas – du fait de leur implantation favorable dans un environnement bâti, de leurs caractéristiques en matière d’espace et de construction, etc. – être relativement facilement réutilisés dans un large éventail de nouvelles affectations, en matière de logement, de travail, de sport ou de culture. Cette contribution examinera un des aspects de cette pratique, en l’occurrence la reconversion du patrimoine industriel au profit de bibliothèques et de centres d’archives ou de documentation. Les réalisations concrètes sont, dans ce domaine, très variées en Flandre et à Bruxelles, conséquence tant de la thématique, de la taille des collections bibliographiques et archivistiques, que de la configuration et de l’ampleur des bâtiments industriels réaffectés ou des possibilités financières. Une caractéristique commune est néanmoins la réutilisation durable de la part des différents acteurs à l’origine des initiatives, en particulier de la part des autorités.

Au pied des hauts-fourneaux, un Learning Centre. Reconversion du noyau de l’activité sidérurgique au cœur de la vie universitaire

Marie-Pierre PAUSCH, Responsable du service des bibliothèques, Université du Luxembourg – Campus Limpertsberg
Julie WILLEMS, Responsable des services aux usagers, Université du Luxembourg – Campus Belval

Au début des années 2000, la reconversion du site de l’usine sidérurgique d’Esch-Belval, au Grand-Duché de Luxembourg, est entamée pour devenir le siège de l’Université du Luxembourg alors dispersée sur plusieurs campus. Cet article présente :
– la réaffectation d’un ancien bâtiment de l’usine, la Möllerei, en Learning Centre dont l’ouverture est prévue pour 2018;
– le BiblioLab, espace destiné à servir le public universitaire présent sur le site de Belval avant 2018 et conçu comme un laboratoire permettant de tester les concepts d’aménagements et de services en vue du Learning Centre.

De kennisbank van ETWIE. Een digitale bron van informatie over industrieel, technisch en wetenschappelijk erfgoed in Vlaanderen en Brussel

Tijl VEREENOOGHE en Joeri JANUARIUS, Coördinatoren, ETWIE vzw

Depuis 2013, l’asbl ETWIE développe une base de connaissances numérique comprenant de l’information sur le patrimoine technique, scientifique et industriel en Flandre. Une partie importante de cette plate-forme réside dans la très large bibliographie, tenue à jour en collaboration avec le MIAT à Gand. Par le partage et l’établissement de liens entre connaissances, ce nouvel instrument de travail présente de nombreuses possibilités.

De Who is Who van SIWE. Een actorenlijst van het Vlaamse industrieel en wetenschappelijk erfgoed

Dominique J.B. VANPÉE, Lid van het Publicatiecomité van de Bladen voor Documentatie

Le Who is Who du Steunpunt voor Industrieel en Wetenschappelijk Erfgoed (SIWE) était en quelque sorte un précurseur partiel de la partie “acteurs” de l’actuelle banque de connaissances de l’Expertisecentrum voor Technisch, Wetenschappelijk en Industrieel Erfgoed (ETWIE).

Unieke bibliografie industriële archeologie & industrieel erfgoed in België. Een terugblik op een bibliografisch werkinstrument

Dominique J.B. VANPÉE, Lid van het Publicatiecomité van de Bladen voor Documentatie

À la lumière de courriers électroniques échangés avec les personnes concernées à l’époque et d’éléments retrouvés sur Internet, l’auteur jette un regard rétrospectif sur la Bibliographie de l’archéologie industrielle et du patrimoine industriel en Belgique.

Les ressources de l’histoire industrielle au service de la dépollution des sols wallons

Arnaud PÉTERS, Chercheur, Centre d’Histoire des Sciences et des Techniques (ULg)

Le Centre d’Histoire des Sciences et des Techniques (CHST) est un centre de recherches et de ressources documentaires créé en 1987 à l’Université de Liège par le Prof. Robert Halleux. Comme centre de ressources documentaires, le CHST a accumulé, dans le cadre d’opérations de préservation, d’importantes collections dans le domaine de l’histoire industrielle. La bibliothèque du CHST constitue aujourd’hui une référence pour les recherches en histoire des entreprises, histoire des techniques, histoire économique et sociale et histoire de l’environnement. Dans le contexte de l’émergence d’un besoin d’information historique, ces collections ont également permis aux chercheurs du CHST (historiens, archéologues, géographes) de développer des méthodologies propres à l’étude historique de sites industriels désaffectés. Cette contribution les décrit en s’attardant sur les questions heuristiques. Elle éclaire l’exploitation de sources souvent méconnues dans le contexte particulier de la dépollution des sols.

Herbestemming van de historische collectie Agfa-Gevaert

Patrick VAN DEN NIEUWENHOF, Zelfstandig erfgoedconsulent

La collection historique d’Agfa-Gevaert reflète très bien les rôle et impact sociaux, économiques et techniques que la firme a eus aux niveaux local, régional, national et international. Appareils photos, emballages, archives, photos… de et sur la firme ont été collectés et gérés par d’anciens travailleurs. Ceci a abouti à une archive bien ordonnée et accessible. Agfa a décidé l’année passée de fermer et de vendre le site de leur conservation, le Varenthof à Mortsel. La province d’Anvers et le Musée de la Photographie anversois ont actuellement pris la responsabilité de procurer un nouvel hébergement à cette collection unique. Cet article fournit un compte-rendu des premières étapes entreprises.

À la recherche des Forges de Clabecq

Madeleine JACQUEMIN, Archiviste, PhD, chef de travaux aux Archives générales du Royaume (AGR)

Les Archives générales du Royaume conservent essentiellement des archives publiques, mais également des archives privées, dont des fonds d’archives d’entreprises. L’auteure de cet article, qui y travaille, porte deux casquettes professionnelles complémentaires, à savoir celle d’historienne et celle d’archiviste. Elle a, en effet, réalisé une thèse qui comprend à la fois l’inventoriage de 300 mètres linéaires d’archives de la société anonyme Forges de Clabecq, et la rédaction, à partir de toutes les sources disponibles, d’une monographie consacrée aux Forges de Clabecq, avec comme fil rouge le développement de l’entreprise de la fin du XVIIIe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Cet article relate les différentes étapes de son travail, ses rencontres, ses découvertes, ses surprises et ses réalisations.

De (on)zin van het bewaren van curatele archieven en bedrijfsbibliotheken. De casus Boelwerf

Johan DAMBRUYNE, Rijksarchivaris en diensthoofd van het Rijksarchief Antwerpen-Beveren

Contrairement aux archives d’entreprise propres à la S.A. Boelwerf, les archives de la curatelle et la bibliothèque d’entreprise des anciens chantiers navals situés à Temse n’ont que peu ou pas attiré l’attention. La présente contribution souhaite mettre en lumière ces aspects moins connus du patrimoine de Boelwerf. L’exemple fourni à l’occasion de la faillite de Boelwerf permet d’exprimer quelques points de vue sur le (non-)sens de la conservation permanente, de l’intégration et de la valorisation des archives de curatelle et des bibliothèques spécialisées. L’article plaide pour l’adoption d’une attitude critique, pour l’application cohérente d’une macro- et d’une micro-sélection (fondée sur des critères objectifs), et pour la prise de mesures mûrement réfléchies, qui soient directement proportionnelles à la valeur intrinsèque – pertinence sociale et historique – et à la valeur complémentaire des fonds et des collections concernés.

Les archives Boël à La Louvière. Un salutaire concours de circonstances

Thierry DELPLANCQ, Archiviste de la Ville et du CPAS de La Louvière

La préservation des archives industrielles sur le territoire de l’entité louviéroise fait l’objet d’une attention particulière, en raison notamment d’un partenariat instauré entre plusieurs institutions scientifiques locales. Les Archives de la Ville et du CPAS de La Louvière se sont impliquées dans ce programme et conservent en leurs locaux un fonds rassemblant des archives concernant plusieurs entreprises liées d’une manière ou d’une autre aux anciennes usines sidérurgiques Boël. Rythmée par un salutaire concours de circonstances et enrichie par des campagnes photographiques, la constitution progressive du fonds Boël a été rendue possible grâce à la proactivité du service d’archives ainsi qu’à l’implication essentielle de membres du personnel de l’usine.

Over collectie-inventarisatie en beheer Rupelstreek industrieel erfgoed. Van Colibri tot een episode uit het bedrijfsarchief Verstrepen door Booms missionaris Louis Verstrepen

Patrick VAN DEN NIEUWENHOF, Zelfstandig erfgoedconsulent

Le projet Collectie-Inventarisatie en Beheer Rupelstreek Industrieel erfgoed (Collecte, inventaire et gestion du patrimoine industriel de la région du Rupel), en abrégé Colibri, a été réalisé entre 2007 et 2009 sur demande de la Province d’Anvers. Le but était d’établir un état des lieux relatif aux collections patrimoniales de la région du Rupel (Rumst, Boom, Niel, Hemiksen, Schelle). Le présent article fournit un bref compte-rendu de cette étude, en consacrant une attention particulière aux archives de l’entreprise et de la famille Verstrepen (briqueterie).

Comment préserver la mémoire du patrimoine industriel et transmettre aux nouvelles générations la fierté des hommes qui y ont travaillé

Franck DEPAIFVE, Coordinateur général, MÉTA-MORPHOSIS asbl

L’association Méta-Morphosis a pour objet la sauvegarde de la mémoire des lieux et la préservation de la fierté des hommes par l’utilisation d’outils pluri-médias. Elle cherche à sensibiliser un public large à la question du patrimoine industriel et à dénicher toutes les petites histoires qui ont fait la grande Histoire de l’Industrie.

Sauvegarde du patrimoine industriel. Le spécialiste de l’I&D au service de la mémoire de l’industrie? 

Christopher BOON, Documentaliste juridique, Administrateur Association Belge de Documentation (ABD-BVD)

Cet article examine l’aspect documentaire spécifique au patrimoine industriel, principalement sous l’angle de la quantité et de la variété de documents qui ont été produits, en relevant les enjeux et les défis auxquels ce patrimoine documentaire est confronté. Dans un second temps, il s’intéresse à la manière dont le professionnel de l’I&D (Information&Documentation / Infodoc) peut s’investir et apporter son savoir-faire dans ce domaine.

Documentatie en industrieel erfgoed. Uitgeleide

Dominique J.B. VANPÉE, Informatiedeskundige, bibliothecaris-documentalist geïnteresseerde in industrieel, wetenschappelijk en technisch erfgoed

Même si les concepts de « documentation »et d’ »archéologie industrielle » ou de « patrimoine industriels » ne constituent pas des évidences, il existe d’autres problèmes tels que la périodisation et les structures organisées propres au domaine. Sur base de références bibliographiques, l’article fournit un travail historiographique et aborde quelques aspects spécifiques parfois négligés ou très actuels de ce patrimoine.