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Cahiers de la Documentation 2015/1 (mars 2015)

2015/1Éditorial

La littérature nous délivre parfois des enseignements précieux. Les romans qui mettent le livre au cœur de leur intrigue, notamment, ont un attrait particulier pour les membres de notre profession (Le Nom de la rose, d’Umberto Eco, en est l’un des exemples les plus célèbres).

Dans un autre roman paru il y a une dizaine d’années (Le Songe de Scipion), l’écrivain Iain Pears met au centre de son récit un manuscrit assez énigmatique écrit par un évêque de Vaison-la-Romaine au Ve siècle de notre ère, à la fin de l’Empire romain d’Occident. A des siècles de distance, deux érudits vont chercher à le déchiffrer : un poète du XIVe siècle qui le sauve de l’oubli durant la papauté en Avignon et la grande peste qui ravagea le Sud de l’Europe à cette époque, et un intellectuel français qui durant la seconde guerre mondiale tente à son tour d’en dégager le sens. L’une des clés de ce roman pourrait être le besoin irrépressible des hommes de sauvegarder le patrimoine culturel qui les entoure et de le transmettre aux générations suivantes. Un autre enseignement du livre montrerait que la compréhension des connaissances des anciens s’améliore au fil des siècles grâce au progrès des méthodes scientifiques.

Ces impressions sur le sens du roman sont un peu personnelles (les thèmes que développe Iain Pears concernent surtout la persistance de la barbarie et le doute que soulèvent les cas de conscience), mais s’appliquent assez bien aux sujets qu’on trouve de plus en plus couramment dans les pages des Cahiers de la Documentation : ils illustrent en effet une particularité déjà connue de notre profession, mais que le contraste entre les thèmes traités semble souligner : un mélange de tradition et de sauvegarde du passé dans la volonté de transmettre les connaissances, et un intérêt constant pour les technologies qui font progresser notre discipline.

Il n’y a aucune contradiction à cela, puisque l’objectif reste toujours le même : diffuser l’information, la culture, le savoir des autres.

C’est encore le cas pour les articles de ce premier numéro de l’année 2015 : le fascicule que vous allez lire nous fait remonter dans le temps puisqu’il retrace le parcours d’un bibliothécaire obstiné dans la sauvegarde d’un patrimoine culturel, et qu’il évoque par ailleurs le rôle des archives des villes de Gand au XIXe siècle et de Louvain dans la première moitié du XXe siècle. Mais il nous projette aussi dans le présent avec la présentation de ces logiciels désormais bien connus qui permettent à tous les chercheurs de se composer une bibliographie comme notre bibliothécaire passionné n’aurait jamais osé l’imaginer, et dans l’avenir en nous dévoilant à quoi ressembleront (ressemblent déjà dans certains lieux) nos bibliothèques et les services que les bibliothécaires prendront rapidement l’habitude d’y rendre. Ces lieux d’étude élargissent leur domaine pour donner à leurs utilisateurs les moyens les plus actuels de collecte de l’information. Comme souvent, on oscille ainsi entre des habitudes anciennes et des pratiques résolument modernes qui dans l’un et l’autre cas démontrent l’intérêt (et font le charme) de notre métier.

Philippe Mottet

Transition d’une bibliothèque vers un « learning centre »

Julien VAN BORM, Bibliothécaire en chef honoraire, Université d’Anvers

Toutes les bibliothèques doivent s’adapter aux réalités nouvelles: l’information électronique disponible 24/7 et un environnement plus varié et plus exigeant. La transformation en « learning centre » est une réponse aux nouveaux défis, mais certes pas la seule. L´article donne un aperçu des éléments qui créent un « learning centre »: services élargis, efficaces et réactifs, un lieu physique mettant davantage l’accent sur les clients que sur la collection et une intégration réelle dans le processus de l’enseignement et de la recherche (pour les institutions à la fois de recherche et d’éducation). Des exemples de création et d’opération de « learning centres » dans des pays voisins ainsi qu’un inventaire, loin d’être complet, des premières réalisations en Belgique indiquent que les « learning centres » sont devenus un atout pour le renouveau de nos bibliothèques scientifiques, qui doivent justifier leur maintien par la création d’une plus-value pour la société.

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André Canonne : un bibliologue oublié ?

Benoît COLLET, Bachelier en bibliothéconomie et documentation, Haute École de Namur-Liège-Luxembourg (Hénallux)

André Canonne (1937-1990), ancien directeur du Centre de Lecture Publique de la Communauté Française, était un bibliothécaire engagé. Défenseur de son métier mais aussi défenseur de la sauvegarde du patrimoine documentaire et notamment à celui du Mundaneum. Le combat qu’il a mené fut de longue haleine et il a malheureusement été oublié. André Canonne était aussi un scientifique des bibliothèques, un bibliologue. Il avait pour projet une vaste encyclopédie couvrant tous les domaines liés à la documentation et plus spécifiquement au monde des bibliothèques. Cet article tente de l’expliquer de la manière la plus sobre qui soit et de lui rendre, en quelque sorte, honneur. Enfin, le fonds André Canonne de la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg (Hénallux) sera brièvement présenté.

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Archieven op vaste grond?
De ‘definitieve’ inventarissen van het oud archief van Gent (1896) en Leuven (1929-1938) als instrumenten van archivistische vernieuwing

Timo VAN HAVERE, Praktijkassistent, KU Leuven

En 1896 parut l’Inventaire des archives de la ville de Gand. Catalogue méthodique général, de la plume de Victor Vander Haeghen. Joseph Cuvelier, de son côté, édita son Inventaire des archives de la ville de Louvain entre 1929 et 1938, en quatre volumes. Ces deux ouvrages sont toujours utilisés. Faut-il dès lors conclure qu’un ordre « définitif » a été instauré dans ces deux archives d’Ancien Régime de Gand et de Louvain ? Cet article se penche sur cette question. Après une problématisation de la notion d’ « ordre » et une brève histoire des archives de la ville de Louvain et de Gand au XIXe siècle, il s’agira de comparer les descriptions de Cuvelier et Vander Haeghen. Ces deux travaux montrent le fonctionnement d’une archivistique novatrice, dont S. Muller Fz., J.A. Feith et R. Fruin Th.Az. ont exposé les principes sur un plan international dans leur Handleiding voor het ordenen en beschrijven van archieven (1898).

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Les logiciels de gestion bibliographique

Emmanuel DI PRETORO, Maître assistant à la Haute École Paul-Henri Spaak – Catégorie Sociale (IESSID)

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